L’autisme
1. Historique
2. Définition
3. Causes
4. Traitement
5. Evolution
1. Historique
L’autisme est un trouble de description relativement récente. En effet, ce n’est qu’en 1943 que le psychiatre américain d’origine autrichienne Leo Kanner décrit sous le nom d’autisme infantile des particularités de comportement de certains enfants : tendance à l’isolement, besoin d’immuabilité et retard de langage.
Par la suite, la description s’est affinée, mais est finalement restée assez proche de celle de Leo Kanner. Il est intéressant de souligner que les premières personnes à avoir reçu le diagnostic d’autisme viennent tout juste d’atteindre le troisième âge.
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2. Définition
Dans les classifications internationales actuelles, l’autisme fait partie d’un groupe plus large de troubles appelés Troubles Envahissants du Développement ou TED. L’autisme est la forme la plus typique et la plus complète de TED (cliquez ici pour obtenir plus d'informations sur le diagnostic).
L’autisme apparaît au cours des 36 premiers mois de la vie. Parfois, des signes sont présents quasiment d’emblée, dès les premiers mois de la vie, parfois les signes apparaissent après une période plus ou mois longue de développement ordinaire.
L’autisme est un trouble développemental touchant simultanément :
- Les interactions sociales, avec souvent une tendance au repli, à l’isolement
- La communication, à la fois verbale et non verbale
- Le comportement avec des gestes répétitifs, des rituels, des intérêts restreints
A ces trois groupes de signes, certains proposent de rajouter certains autres symptômes en raison de leur grande fréquence chez les personnes autistes, comme la présence de réactions anormales à certaines stimulations sensorielles (sensibilité à certains sons, aux odeurs, au toucher…).
Ce trouble dure toute la vie et entrave les apprentissages de tous ordres. Des acquisitions sont néanmoins possibles au prix d’un soutien approprié et continu.
Il est important de souligner qu’il n’existe pas de moyens objectifs (notamment pas de tests sanguins, radiographiques ou autres examens complémentaires) pour faire un diagnostic d’autisme. Le diagnostic repose sur l’observation de certains comportements dont l’association permet de poser le diagnostic. D’une personne autiste à une autre, les symptômes constatés peuvent être différents.
Sa fréquence exacte est encore mal connue précisément, les estimations actuelles se situent de 1,7/1 000 à 4/1 000 pour l’autisme infantile et de 3 à 7/1 000 pour l’ensemble des troubles envahissants du développement (soit en France entre 200 000 et 400 000 personnes, tous âges confondus) (source : Recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme - Fédération Française de Psychiatrie – 2005).
Il touche 4 fois plus de garçons que de filles.
Dans une majorité de cas (environ 70%), l’autisme s’accompagne d’un retard mental plus ou moins sévère. Les autres 30% sont appelés « autistes de haut niveau ». Cette répartition est parfois contestée.
Une forme particulière de trouble envahissant du développement est constituée par le syndrome d’Asperger, qui est proche de l’autisme de haut niveau, mais avec une absence de retard de langage.
Dans un certain nombre de situations l’autisme est associé à d’autres troubles, anomalies ou maladies : retard mental, déficiences sensorielles (auditives, visuelles), syndromes génétiques, épilepsie (environ 1/3 des personnes autistes présentent des manifestations épileptiques plus ou moins graves).
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3. Causes
A ce jour, il n’a pas été trouvé de cause unique à l’autisme et il est probable que plusieurs causes différentes peuvent entraîner le développement des signes de l’autisme. Les recherches actuelles suggèrent fortement qu’il existe des bases neurologiques et génétiques. L’idée selon laquelle l’autisme trouverait son origine dans des troubles de la relation parent-enfant doit être maintenant totalement abandonnée.
Le risque d’apparition de l’autisme ne dépend pas du niveau social ou éducatif de la famille ni de l’origine ethnique.
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4. Traitement
Il n’y a pas de traitement capable de guérir l’autisme. Cependant, avec une prise en charge adaptée et spécifique, les personnes autistes ont la possibilité de progresser et de mener une vie apaisée.
Il est couramment recommandé que la prise en charge des personnes autistes repose sur trois grands volets, dont la part relative est à adapter en fonction des caractéristiques de chaque personne et de son évolution (projet personnalisé). Ces trois volets sont les suivants :
- Educatif, avec pour objectif l’autonomie du sujet
- Pédagogique, avec pour objectif les apprentissages
- Thérapeutique avec pour objectif la santé mentale et physique du sujet
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5. Evolution
L’autisme est un trouble complexe qui affecte les personnes très différemment. Certaines personnes autistes restent très handicapées toute leur vie, n’accèdent pas au langage, alors que d’autres vont arriver à une autonomie personnelle relativement bonne. La très grande majorité des personnes autistes a besoin d’un accompagnement important tout au long de la vie.
Rédigé par le Dr Didier PERISSE, psychiatre


