Qu’est-ce que l’autisme ?

L’autisme est un trouble du neurodeveloppement. Il apparaît dès la petite enfance et évolue tout au long de la vie.

La dyade autistique

Les caractéristiques de l’autisme sont très variées d’un individu à l’autre. C’est pourquoi on parle de troubles du spectre autistique (TSA) : chaque personne se situe à un degré différent dans ce spectre.

Deux types de manifestation sont cependant identifiées. C’est ce qu’on appelle la dyade autistique :

  • des difficultés dans la communication et les interactions sociales
    Peu ou pas de langage, communication non-verbale inadaptée, répétitions de certains mots ou expressions, faible compréhension des sous-entendus, de l’humour, du langage imagé, difficulté à exprimer ses émotions et à comprendre celles des autres, malaise dans les interactions sociales…
     
  • des comportements répétitifs et des intérêts restreints
    Mouvements répétitifs ou compulsifs, intolérance aux changements ou à l’imprévu, intérêts ou activités obsessionnels…

Ces signes s’accompagnent souvent d’une hyper- ou d’une hypo-réactivité sensorielle. Les personnes autistes peuvent, en effet, réagir de manière intense aux stimuli sensoriels (bruit, lumière, odeur, toucher…) ou, au contraire, s’y montrer peu sensibles.

Troubles et maladies associés : les comorbidités

Parallèlement, l’autisme s’accompagne souvent : 

  •  d’autres manifestations : problèmes de sommeil, psychiatriques (anxiété, dépression…), etc. ; 
  • d’autres troubles du neurodéveloppement : de l’apprentissage, de l’attention (hyperactivité…), etc. 
  • ou de pathologie telles que l’épilepsie, certaines maladies génétiques (trisomie 21, syndrome de Rett, syndrome de l’X fragile…), etc. 

C’est ce qu’on appelle les « comorbidités ». 

Une prise en charge globale 

Comme l’autisme a de multiples manifestations, très différentes selon les personnes, la prise en charge doit être globale et pluridisciplinaire. Telle est la condition pour favoriser le bien-être, le développement, l’éducation et la socialisation de chaque individu, dans toutes ses singularités.


Quelques chiffres

1 personne sur 100 concernée
700 000 personnes autistes en France
Dont 100 000 ont moins de 20 ans
Source Inserm

3 garçons pour 1 fille
Mais ce chiffre est à nuancer au regard des recherches actuelles : les filles pouvant être sous-diagnostiquées. 
Apparition des 1ers signes principalement : entre 18 et 36 mois
Source Inserm

Âge moyen au moment du diagnostic : entre 3 et 5 ans
60 à 70 % d’enfants autistes non scolarisés
Source Autisme info service

Pour en savoir plus : Quels sont les signes d’alerte ?


Les idées reçues

Combattre les idées reçues :

> L’autisme est une maladie 

FAUX 
L’autisme n’est pas une maladie mentale. C’est un trouble du neurodéveloppement : c’est-à-dire des altérations du cerveau qui se mettent en place avant la naissance et sont impliqués dans le langage, la motricité, la perception, les émotions, les interactions sociales…
C’est pourquoi, depuis 1996, l’autisme est reconnu officiellement comme un handicap. 

> L’autisme est associé à un retard mental

PAS FORCÉMENT
Des personnes peuvent avoir un trouble du spectre autistique sans déficience intellectuelle. Certaines ont même un très bon niveau intellectuel : on parle alors d'autisme de haut niveau.

> On ne connaît pas la cause de l’autisme

VRAI
À l’heure actuelle, on ne connaît pas la cause exacte de l’autisme. Certaines études ont montré un lien entre autisme et génétique. Mais ce n’est pas la seule explication. Le développement neurologique ainsi que les facteurs environnementaux pourraient également avoir une incidence. Le champ des recherches est encore très vaste sur ce point.
Une chose est sûre cependant : l’autisme n’est pas lié à la relation parent-enfant, ni au mode d’éducation.

> L’autisme se soigne

PAS VRAIMENT
La cause de l’autisme n’étant pas connue, aucun traitement médical n’existe pour le moment.
MAIS
Grâce à une prise en charge pluridisciplinaire et adaptée aux besoins de chacun, il est possible d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes tout au long de leur vie.

> Les personnes autistes perçoivent le monde différemment 

VRAI 
C’est d’ailleurs ce qui explique qu’une personne autiste peut sembler réagir étrangement, éprouver des difficultés dans ses relations sociales et dans sa communication. Son cerveau traite les informations et les perceptions de manière différente des autres personnes. 

> On ne peut pas communiquer avec une personne autiste

FAUX
Si les personnes autistes éprouvent des difficultés dans leur communication verbale et non verbale, cela ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas communiquer. Dès la petite enfance, elles développent une manière, bien à elles, de communiquer. Tout l’enjeu des prises en charge est de faire un pont avec leurs modes de communication : par exemple en utilisant une communication visuelle, en évitant les phrases à double sens ou imagées, en simplifiant son message…

> Une personne autiste ne peut rien apprendre

FAUX
Certaines formes cliniques sévères de l’autisme associent une déficience intellectuelle qui entraîne des troubles de l’apprentissage importants. Mais, dans la plupart des cas, la plasticité cérébrale persiste. Adapter les méthodes d'apprentissage au fonctionnement cognitif spécifique de la personne autiste permet leur efficacité.

Pour en savoir plus

Mieux comprendre l'autisme
L'autisme en FALC (facile à lire et à comprendre)
Que sont les troubles du neuro-développement ? 
Qu’est-ce que la dyade autistique ? 

Ensuite
Quels sont les signes d'alerte ?