À la maison

Les personnes autistes perçoivent l’environnement différemment et pensent différemment. C’est pourquoi, il est important de procéder à des aménagements au domicile afin d’améliorer leur qualité de vie.

Des aménagements adaptés aux besoins 

Les adaptations de l’environnement permettent de :

  • Offrir un meilleur confort en tenant compte des particularités sensorielles
  • Avoir une meilleure compréhension des différents espaces de vie et de leurs fonctions

De ce fait, cela diminue les sources d’angoisse et les troubles du comportement, favorise l’autonomie et encourage la participation active au sein de la famille…

Chaque personne est unique et a son fonctionnement propre.

Les aménagements doivent donc être personnalisés et actualisés en fonction de l’évolution de la personne autiste. Certains peuvent nécessiter un apprentissage. C’est pourquoi, l’aide des professionnels qui accompagnent la personne autiste et sa famille (psychologue, orthophoniste, éducateur, psychomotricien, ergothérapeute…) est importante. Les évaluations du profil sensoriel et du mode de pensée vont permettre d’ajuster au mieux chaque adaptation.

Cette démarche peut être engagée à tous les âges de la vie et quels que soit le profil de la personne et son niveau de dépendance.


L’adaptation aux particularités sensorielles 

Les particularités de perception sensorielle vont toucher :

  • Les 5 sens : la vision, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût,
  • Le système vestibulaire, c’est-à-dire le sens de l’équilibre,
  • Le système proprioceptif, c’est-à-dire la perception de son corps dans l’espace.

Selon les personnes, il peut exister, et même coexister :

  • Une hypersensibilité : les sensations perçues sont amplifiées, trop fortes.

Il faut donc diminuer les stimulations pour ne pas « agresser » les sens de la personne.
Comment les repérer ?
La personne est gênée par les lumières, se met les mains sur les oreilles pour s’isoler du son, a peur de certains bruits ou surréagit à des bruits discrets, elle ne supporte pas certaines odeurs, elle ne veut pas être touchée, refuse certains vêtements…

  • Une hyposensibilité : les stimulations sensorielles sont difficilement perçues.

Il faut donc les intensifier pour qu’elles soient perceptibles.
Comment les repérer ?
La personne est fascinée par les lumières vives, recherche les bruits, les vibrations, elle aime les aliments au goût prononcé et les odeurs fortes, elle préfère les vêtements serrés, ne semble pas percevoir les changements de température, semble ne pas réagir à la douleur…
Tous les sens ne sont pas touchés de la même façon. Une personne peut être hypersensible pour un sens et hyposensible pour un autre.

L’hyper et l’hyposensibilité peuvent varier chez une même personne selon le contexte, le jour, le niveau de stress, de fatigue…
L’hypo et d’hypersensibilité peuvent coexister pour un même sens (ex : une personne peut ne pas réagir à un bruit fort et soudain qui fera sursauter la plupart des personnes et être extrêmement sensible à un bruit tel que la ventilation d’un ordinateur, le tic-tac d’une horloge ou le froissement d’une feuille de papier).

De plus, les personnes autistes ont des difficultés pour :
- traiter une information avec plusieurs canaux sensoriels (écouter et regarder en même temps par exemple)
- filtrer les informations : toutes les informations sensorielles sont traitées simultanément sans pouvoir sélectionner celles qui sont pertinentes ni pouvoir les moduler (par exemple, entendre sur le même plan le son de la voix de la personne qui parle et celui des voitures qui passent dans la rue).


Quelques conseils pour limiter les sources de perturbation au niveau sensoriel 

Chaque personne est différente, c’est pourquoi il faut absolument s’adapter à ses besoins.

A la maison, il est possible de combiner l’aménagement de l’environnement et l’utilisation d’accessoires par la personne autiste.

- Au niveau de l'ouïe : Limiter autant que possible les bruits de fonds (la télévision, la ventilation...), ne pas parler tous en même temps. Proposer une protection auditive comme un casque antibruit ou des bouchons d'oreilles.
- Au niveau de la vue : Préférer des murs unis, des couleurs neutres. Utiliser une lumière tamisée ou indirecte, une lampe d’appoint, idéalement avec un variateur d’intensité. Les lunettes de soleil peuvent permettre d’atténuer l’inconfort lié à une lumière perçue comme trop vive.
- Au niveau du toucher : Repérer les matières appréciées pour choisir le textile des draps, des serviettes, des vêtements, couper les étiquettes…

Un suivi par un ergothérapeute peut également apporter une aide conséquente pour à la fois aménager l’environnement et à la fois travailler des techniques l’intégration sensorielle.

L’adaptation au mode de pensée

Les personnes autistes ont un mode de pensée particulier caractérisé par une pensée visuelle et en détails.  Par conséquent, elles sont particulièrement sensibles aux imprévus, aux changements, aux situations floues. Elles ont des difficultés à comprendre les notions abstraites et les règles implicites. Cela peut générer beaucoup d’incompréhension et d’anxiété.

Elles sont plus à l’aise avec des supports visuels (qui restent stables et concrets) qu’avec les explications verbales (qui sont changeantes, volatiles, et dont le sens ne dépend pas que des mots employés au sens littéral mais aussi du sens implicite, du ton de la voix, de la mimique…).

Comprendre et anticiper permettent à une personne autiste de réduire son stress. L’aménagement de la maison avec des espaces structurés et l’utilisation de repères visuels font partie des outils qui vont permettre d’y parvenir.

Quelques pistes d’aménagement :

Organiser l’espace :

  • L’essentiel est d’organiser l’environnement de manière claire et prévisible pour que la personne autiste sache ce qu’elle va faire dans la pièce où elle se trouve ou dans laquelle elle va se rendre.
  • Donner à chaque espace du logement une fonction spécifique, facilement identifiable : le lieu où l’on mange, celui où on joue, où on travaille, où on dort, s’habille…
  • Si un même espace doit avoir plusieurs fonctions (par exemple la table du salon qui sert aux repas, aux jeux, aux devoirs…), utiliser un repère visuel indiquant ce qu’il va être fait (par exemple, attribuer une couleur de nappe différente pour chaque activité).
  • Dans un espace ouvert, il est possible d’effectuer des délimitations visuelles via des codes couleurs sur le sol, des tapis ou des paravents pour organiser les différentes zones.
  • Désencombrer l’espace en installant des rangements (boîtes, étagères, armoires…) pour limiter les distractions.
  • Placer des repères visuels sur les portes des armoires, sur les étagères, sur les boîtes de rangement, sur les tiroirs… afin de savoir ce qu’ils contiennent et de permettre une meilleure organisation.
  • Utiliser un pictogramme « interdit » sur les portes des pièces ou des placards qui doivent rester inaccessibles.

Organiser le temps :

Les personnes autistes, quels que soit leur âge, peuvent rencontrer des difficultés avec les notions de temps et de durée. Il est donc utile de les aider à appréhender le temps qui passe.

  • Réaliser avec la personnes autiste un emploi du temps, adapté à son niveau de communication et de compréhension, pour l’aider à mieux comprendre et anticiper le déroulement de la journée et les changements.
  • S’appuyer sur certains rituels et routines pour rythmer la journée.
  • Utiliser une minuterie visuelle appelée Time Timer pour faciliter la compréhension du temps qui passe, délimiter les temps activités, visualiser les temps d’attente…

Sécuriser le logement

Les enfants en général, et tout particulièrement les enfants autistes, ne perçoivent pas les dangers qui les entourent. Par ailleurs, des situations de stress peuvent engendrer des troubles du comportement, susceptibles de les rendre vulnérables. Il est ainsi important d’aménager son domicile afin d’éviter les sources d’accident domestique. Cet aménagement sécuritaire est à penser au regard des particularités de l’enfant. 

Voici quelques exemples :

  • Mettre hors de portée les outils, objets, appareils et produits dangereux
  • Limiter l’accès aux fenêtres afin d’éviter les chutes, les sécuriser si besoin
  • Régler l'eau chaude à une température maximale de 38 °C pour prévenir les risques de brûlure
  • Utiliser des cache-prises

Mon enfant est autiste : dois-je en parler au voisinage ?

Cette décision est très personnelle. En fonction du profil de votre enfant, certains comportements sont parfois jugés comme malpolis (ne pas saluer, ne pas s’excuser) ou inappropriés (cris, colères fréquentes...). En parler donne la possibilité de désamorcer les tensions et d’éviter, dans certains cas extrêmes, un signalement aux services de protection de l’enfance. Pour sensibiliser vos voisins, vous pouvez ainsi déposer des plaquettes explicatives dans les boîtes aux lettres ou, si vous avez noué des liens, évoquer le sujet lors d’une invitation.


Pour en savoir plus 

Guide pédagogique et technique pour l’aménagement de l’espace
https://deux-minutes-pour.org/video/mieux-comprendre-les-troubles-sensoriels/
https://www.participate-autisme.be/go/fr/comprendre-l-autisme/qu-est-ce-que-l-autisme/caracteristiques-de-l-autisme/les-comportements-restreints-et-repetitifs/les-particularites-sensorielles.cfm
https://aspieconseil.com/tag/jean-philippe-piat/

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