Scolarité et études

La loi garantit le droit pour tout enfant, quel que soit son handicap, d’être inscrit dans une école au plus près de son domicile, dès l’âge de 3 ans. Elle prévoit également la mise en place des moyens financiers et humains nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques de l’enfant.

Le projet personnalisé de scolarisation

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) est un document qui définit les besoins particuliers d'un enfant en situation de handicap au cours de sa scolarité, comme :  

  • une scolarisation en milieu ordinaire, en milieu spécialisé ou à domicile,
  • l'attribution de matériel pédagogique adapté,
  • un accompagnement humain : un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), un éducateur spécialisé d’un SESSAD (service d’éducation spéciale et de soins à domicile) ou un accompagnateur issu d’une association conventionnée par l’Académie.
  • l’aménagement du temps scolaire.

À l’école, le directeur ou le chef d’établissement est responsable de la mise en œuvre du PPS. L’enseignant référent, est, quant à lui, l’interlocuteur privilégié des parents. Il fait le lien entre les familles, l’école, les professionnels qui accompagnent l'élève et la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Il informe les familles des aides qui peuvent être apportées dans le cadre du projet personnalisé de scolarisation.


Comment mettre en œuvre un pps ?

Qui peut demander un PPS ?

  • Si l’élève est majeur, il peut demander lui-même un PPS.
  • Si l’enfant est mineur, c’est à ses parents ou à son représentant légal qu’il revient d’en faire la demande auprès de la MDPH.
  • Si l’équipe éducative estime qu’un PPS doit être élaboré pour un jeune, le chef d’établissement en informe l’élève majeur concerné ou la famille.

Comment est élaboré le PPS ? 

La demande de PPS doit être adressée à la MDPH. L’équipe de suivi de scolarisation (ESS) élabore alors un PPS qui sera validé ou modifié par la Commission des droits à l’autonomie (CDAPH), instance de la MDPH. L'ESS réunit alors tous les partenaires de projet de l'élève (famille, référent, école, soins...). Par la suite, l'ESS est garante de la mise en œuvre et du suivi du PPS, tout au long du parcours scolaire de l'élève. Le PPS est révisé annuellement. 

Et à l’université ?

Pour accompagner l’élève autiste pendant ses études supérieures, il est possible de mettre en place un plan d’accompagnement de l’étudiant handicapé (PAEH).


Les différents dispositifs scolaires

La scolarisation en milieu ordinaire

Quand cela est possible, la scolarisation à temps plein ou à temps partiel en école maternelle, école élémentaire, collège et lycée est privilégiée.

L’enfant peut être scolarisé : 

En classe ordinaire, correspondant à sa classe d’âge (avec une année de retard au maximum). Si besoin, il y est :  

  • accompagné par un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH),
  • accompagné par un éducateur spécialisé et bénéficier du soutien d’un SESSAD (certains disposent d’un agrément spécifique TSA),
  • soutenu par un dispositif ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) avec un accompagnant collectif, AESH-co. Il existe des ULIS TSA école, collège et lycée

En classe spécialisée, dans une Unité d’enseignement autisme en maternelle ou élémentaire (UEMA, UEEA), adossée à un IME ou un SESSAD.
Pour en savoir plus sur les UEMA et UEEA : https://ecole-et-handicap.fr/uem-et-ueea/

La scolarisation en milieu spécialisé

L’Institut médico-éducatif (IME) accueille les enfants qui ne peuvent pas être scolarisés en école ordinaire. Certains IME disposent d’un agrément spécifique TSA. Lorsqu’il y existe une Unité d’enseignement (UEMA, UEEA) dans l’IME, un enseignant de l’Éducation nationale assure les enseignements scolaires. 

L’Institut médico-pédagogique (IMP) reçoit les enfants de 3 à 14 ans et l’Institut médico-professionnel (IMPro, SIFPro) assure la formation professionnelle des jeunes de 14 à 20 ans.

Le CNED (Centre national d’enseignement à distance)

Une scolarisation complète à plein temps ou à temps partiel à domicile est envisageable. Pour les élèves handicapés de 6 à 16 ans, le CNED propose une inscription réglementée par l’Éducation nationale. Ce dispositif spécifique permet l’intervention d’un enseignant  répétiteur :

  • au domicile de l’élève,
  • ou dans l’établissement de référence de l’élève lorsqu’il bénéficie d’une scolarisation partielle. 

Pour en savoir plus : uneautreecolepourmesenfants.wordpress.com/vos-demarches-et-droits/le-cned-reglemente-comment-faire/

L’enseignement supérieur

  • Pour les formations dispensées dans un lycée (BTS, CPGE...), les élèves handicapés bénéficient des mêmes aides que dans le secondaire : aide humaine, aide aux transports…
  • Pour une entrée à l'université, dans une grande école ou dans une école spécialisée, il est conseillé de prendre rendez-vous avec le référent handicap dès le début de la terminale, afin de préparer au mieux la rentrée suivante. 


Des universités "Aspie-Friendly" en Île-de-France

Le projet “Construire une université Aspie-Friendly” a pour objectif d’insérer les personnes autistes dans le milieu universitaire. Une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieur ont rejoint le dispositif, dont ceux de Cergy-Pontoise, Paris-Descartes, Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne et Paris-Saclay, en Île-de-France.


Comment accueillir un enfant autiste en milieu scolaire ?

La scolarisation d’un enfant autiste nécessite une coopération entre les parents, l’équipe éducative et les professionnels de santé. Pour informer les parents et les accompagner, une cellule d'accueil et d’écoute départementale de l’école inclusive est mise en place par l’Éducation nationale de juin à octobre en Île-de-France et toute l’année à Paris. 

Intervention d’une aide humaine
La scolarisation d’un élève avec autisme peut nécessiter la présence d’un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap). L’AESH intervient dans la classe auprès de l’enfant pour faciliter son apprentissage, sa participation aux activités collectives, ses relations et développer son autonomie.

La gestion du périscolaire (cantine) et de l’extrascolaire (centre de loisirs)
Les temps de pause, de cantine et de garderie sont souvent difficiles à gérer pour un élève autiste. L’élève peut également être accompagné par un AESH pendant ces périodes. Pour cela, il est nécessaire de préciser ce besoin d’accompagnement lors de la demande d’aide humaine auprès de la MDPH. 

Le transport des élèves handicapés
Si l’élève n’est pas scolarisé dans son école de référence, proche de son domicile, il peut bénéficier d’une prise en charge financière pour son transport. L’Île-de-France Mobilités prend en charge les trajets entre le domicile et l’établissement scolaire (public ou privé).
Pour plus d’informations : iledefrance-mobilites.fr/le-reseau/transports-scolaires-adaptes-4/

Conseils pratiques 

Pendant la récréation, l’élève autiste peut souffrir du bruit, de l’agitation et de difficultés relationnelles avec les autres enfants. Si besoin, il peut être envisagé de :

  • lui permettre de rester dans la classe pour faire une activité calme,
  • le guider dans ses relations et les jeux avec les autres.

En classe, l’enfant autiste a besoin de disposer de repères visuels et d’un aménagement sensoriel : 

  • prévoir un espace de travail distinct et bien identifié,
  • limiter les stimuli visuels et sonores parasites,
  • placer sur le bureau uniquement le matériel nécessaire à l’activité,
  • utiliser des supports visuels (consignes, emploi du temps),
  • créer un espace d’isolement sensoriel.

Kits d'information à destination des professionnels d'UEMA et d'UEEA

Dans sa mission d'appui au déploiement des Unités d’enseignement en maternelle autisme (UEMA) et des Unités d'enseignement élémentaire autisme (UEEA), le Centre de ressources autisme Île-de-France (Craif) a été chargé, par l'ARS d'Île-de-France, de réaliser deux kits pour l'Éducation nationale. Deux padlets (répertoires de ressources en ligne) ont ainsi été élaborés par l'équipe du Craif. 

KIT UEMA
Kit UEEA


Mon enfant est autiste. Faut-il le dire ou non à l’école ? 

L’autisme est un handicap invisible. Certains parents préfèrent ne pas le mentionner dans le cadre scolaire, de peur de stigmatiser leur enfant. Dans ce cas, l’élève autiste ne peut pas profiter pleinement des aides humaines et aménagements matériels offerts via le projet personnalisé de scolarisation de la MDPH. Par ailleurs, certains de ses comportements pourront être en décalage avec ceux de ses camarades de classe et générer de l’incompréhension, voire du rejet et des moqueries. De même, si l’enfant est assisté par un AESH, ne pas mentionner ses troubles, rendus visibles par la présence d’un accompagnant, risque de renforcer ces réactions. En sensibilisant les autres élèves et l’équipe enseignante à l’autisme, l’intégration peut être facilitée. 


Pour en savoir plus

Les aménagements pour la scolarisation des élèves avec TSA en classe ordinaire ou en Ulis (Centre Ressources Autisme Languedoc-Roussillon)
Scolariser les élèves autistes ou présentant des troubles envahissants du développement (Ministère de l’Éducation nationale)
Guide d’accompagnement du lycéen avec troubles du spectre de l’autisme (Académie de Strasbourg)
Guide de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’université (Conférence des présidents d’université)
ecole-et-handicap.fr : destiné aux professionnels et aux familles, ce site informe sur la scolarisation des élèves en situation de handicap
Autisme en ligne : Le projet autisme en ligne s’adresse à des professionnels, notamment des enseignants de classe ordinaire de l’école élémentaire, et vise à mettre à leur disposition une plateforme d’autoformation d’accès gratuit et ouvert.

Aussi
La vie professionnelle
"Bien préparer la rentrée scolaire de son enfant" webinaire disponible sur la chaîne youtube du CRAIF